Sujets spéciaux (justice et institutions)

Ce séminaire portera sur le lien entre la justice et les institutions. La question qui nous intéressera est celle du poids relatif à attribuer aux institutions ou aux pratiques sociales dans le cadre d’une réflexion sur la justice. Il s’agira essentiellement de déterminer la place qui doit être accordée aux institutions lors de la formulation et de la justification de principes normatifs. Il ne s’agira donc pas d’étudier la thèse faible, et peu controversée, selon laquelle le monde social ou institutionnel imposerait un certain nombre de limites ou d’obstacles à l’application de principes normatifs. Les pratiques sociales créent nécessairement une certaine inertie lors de l’application de la théorie normative au monde institutionnel. Il n’est pas non plus controversé d’affirmer que les institutions influencent les intérêts ou les valeurs des individus, ou encore que des réformes institutionnelles soient nécessaires à la promotion de la justice. La thèse forte qui nous occupera est plutôt celle selon laquelle les institutions existantes informent le développement et la justification des principes. Selon cette thèse, les institutions seraient l’objet même de la théorie normative. Cette thèse s’oppose ainsi à l’approche plus traditionnelle en philosophie politique selon laquelle la formulation et la justification de principes de justice exigeraient une réflexion qui fasse abstraction des institutions et des pratiques qui composent le monde social, et à partir de laquelle pourrait se poser la question des formes sociales idéales.

Les premières semaines du séminaire seront consacrées à l’étude de textes majeurs autour desquels s’est articulé ce débat en « métaéthique politique ». La deuxième partie prendra la forme d’un symposium sur l’ouvrage d’Amartya Sen, L’idée de la justice, sans doute l’ouvrage de philosophie politique le plus important paru cette année.

 

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